Personne ne peut supprimer un nom de Google, et c'est la première chose à comprendre. Ce que l'on peut faire, c'est dissocier ce nom des contenus qui lui sont associés — ce qui produit à peu près le même effet pour celui qui vous cherche, mais suppose une approche très différente de celle qu'on imagine généralement.
Cette page décrit comment supprimer, ou faire disparaître des résultats, selon le type de contenu, pourquoi un nom courant est un avantage et un nom rare une vulnérabilité, et ce qu'il faut faire quand le contenu ne peut pas être retiré.
Ce que « supprimer son nom » veut dire en pratique
Votre nom n'est pas une entrée dans une base que l'on pourrait effacer. Il apparaît parce que des pages le contiennent, et chacune de ces pages appartient à quelqu'un. Trois leviers seulement existent, et ils s'appliquent à des situations distinctes.
Faire supprimer votre nom sur la page source. C'est le seul résultat vraiment définitif. Il suppose que l'éditeur accepte, ou qu'il y soit contraint. Quand il s'agit d'un annuaire, d'un ancien profil ou d'un site que vous avez alimenté vous-même, cela fonctionne souvent en écrivant simplement.
Faire dissocier la page de votre nom dans les résultats. La page reste en ligne, mais elle n'apparaît plus quand on tape votre identité. C'est l'objet du déréférencement Google, et c'est la voie la plus accessible.
Faire descendre le contenu. Quand ni le retrait ni la dissociation ne sont possibles, il reste à occuper les places devant. C'est plus lent, mais c'est le seul levier qui fonctionne sur un contenu parfaitement licite.
Le nom rare et le nom courant
Retrait à la source
Le nom disparaît de la page. Suppose l'accord de l'éditeur, ou une contrainte.
Dissociation
La page reste, mais n'apparaît plus sur votre nom. Voie la plus accessible.
Déclassement
Occuper les places devant. Seul levier qui fonctionne sur un contenu licite. 30 à 90 jours.
C'est le facteur le plus déterminant du dossier, et celui dont personne ne parle. Si vous vous appelez Martin Dubois, des milliers de personnes portent ce nom : les résultats se répartissent naturellement entre elles, un contenu défavorable se dilue, et il suffit souvent de publier quelques pages solides sur un site web que vous contrôlez pour reprendre la première position.
Si votre nom est rare, la mécanique s'inverse. Chaque page qui le contient occupe une part importante d'un espace presque vide. Un seul article défavorable peut monopoliser trois positions sur dix, et il n'existe aucune concurrence naturelle pour le repousser. Le travail est alors plus long, plus coûteux, et il exige de créer soi-même la matière qui occupera les places.
Une conséquence pratique : sur un nom rare, agir vite change tout. Sur un nom courant, on peut parfois se contenter d'attendre en publiant régulièrement.
Selon la nature du contenu
Un annuaire ou un agrégateur de données. Ce sont les cas les plus simples et les plus fréquents. La plupart de ces sites disposent d'une procédure d'opposition, souvent enfouie mais réelle. Comptez quelques jours à quelques semaines.
Un ancien profil ou un compte oublié. Vous en êtes propriétaire : vous pouvez le supprimer vous-même en quelques minutes. Attention toutefois, la suppression du compte ne retire pas toujours les pages publiques qu'il a générées, et il faut ensuite demander la mise à jour de l'index.
Un article de presse. Le plus difficile. Un titre de presse invoque la liberté d'informer, et il a généralement raison. Le faire supprimer est rare, l'anonymisation partielle est parfois obtenue, et la dissociation reste l'option la plus réaliste — surtout si les faits sont anciens et que vous n'exercez aucune fonction publique.
Un contenu publié par un tiers hostile. Blog, forum, réseau social. Tout dépend du contenu lui-même : s'il enfreint une règle de la plateforme ou publie des informations personnelles, on peut le faire supprimer. S'il exprime une opinion, il reste.
Une décision de justice ou un document officiel. Publié au nom de la publicité des décisions, il ne sera pas retiré. Certaines bases prévoient une anonymisation, mais elle ne s'étend pas aux reprises effectuées ailleurs.
Le piège de l'homonymie
| Type de contenu | Retrait à la source | Dissociation | Délai typique |
|---|---|---|---|
| Annuaire, agrégateur de données | Souvent | Oui | Jours à semaines |
| Ancien profil, compte oublié | Vous-même | Sans objet | Immédiat |
| Article de presse | Rare | Possible si ancien | 2 à 8 semaines |
| Blog, forum, réseau social | Selon le contenu | Selon le contenu | Variable |
| Décision de justice, document officiel | Non | Non | — |
Situation fréquente et particulièrement injuste : le contenu ne vous concerne pas, il concerne quelqu'un qui porte le même nom que vous. Vos interlocuteurs ne font pas la distinction, et vous portez le préjudice sans avoir rien fait.
La demande de dissociation est ici plus solide que dans n'importe quel autre cas, puisqu'il n'existe aucun intérêt légitime à associer un contenu à une personne qu'il ne concerne pas. Une condition cependant : la demande doit démontrer l'homonymie, et non contester le contenu. L'erreur classique consiste à argumenter sur le fond de l'article, ce qui donne l'impression qu'on se sent visé.
Ce que voit vraiment celui qui vous cherche
Avant d'engager quoi que ce soit, il faut regarder la page de résultats comme un inconnu la voit — et pas comme votre navigateur vous la montre. Trois écarts systématiques faussent l'auto-évaluation.
La personnalisation. Votre historique, votre position et vos habitudes de navigation modifient l'ordre des résultats. La version que vous consultez est presque toujours plus favorable que celle d'un tiers : les pages que vous visitez souvent remontent, celles que vous évitez descendent.
Le bloc de suggestions. Quand on tape un nom, le moteur propose des compléments avant même que la recherche soit lancée. Sur une recherche Google, une suggestion associant votre nom à un terme défavorable produit un effet considérable, souvent plus fort qu'un résultat en cinquième position, parce qu'elle est lue comme un constat objectif. Elle se traite, mais séparément des pages elles-mêmes.
Les autres onglets. Un contenu absent de la recherche Google classique peut être parfaitement visible dans l'onglet images ou dans les actualités. C'est particulièrement vrai pour les photographies, qui disposent de leur propre indexation et survivent souvent au retrait de la page qui les hébergeait.
La bonne méthode tient en trois gestes : fenêtre de navigation privée, déconnexion de tout compte, et vérification depuis au moins deux localisations différentes si vous avez des interlocuteurs à l'étranger.
Ce qu'il ne faut surtout pas faire
La dilution travaille pour vous
Des milliers d'homonymes se partagent l'espace
Quelques pages suffisentLe contenu se noie seul
Un article défavorable perd des places sans intervention
Le temps aideUn espace presque vide
Un seul article peut tenir trois positions sur dix
Aucune dilutionAgir vite change tout
Il faut créer soi-même la matière qui occupera les places
Écrire au site sur un ton comminatoire. Une mise en demeure adressée à un blogueur produit régulièrement l'effet inverse de celui recherché : la publication d'une deuxième page, cette fois consacrée à votre tentative de censure, et bien plus visible que la première.
Créer des profils vides pour occuper les positions. Une dizaine de comptes inactifs sur des réseaux où vous ne publiez jamais ne tiennent pas la première page plus de quelques semaines. Ce qui tient, c'est du contenu réellement consulté.
Payer un service qui promet l'effacement total. L'effacement total n'existe pas. Ce qui existe, c'est la possibilité de supprimer certaines pages, la dissociation de certaines autres, et le déclassement du reste.
Combien de temps, et dans quel ordre
L'ordre compte autant que les actions. On commence par ce qui est définitif — le retrait à la source, quand il est accessible — parce que réussir ici rend le reste inutile. On enchaîne sur les demandes visant à supprimer l'association entre le nom et la page, qui prennent deux à huit semaines. On engage en parallèle la construction des contenus qui occuperont les positions, car c'est le levier le plus lent : trente à quatre-vingt-dix jours avant un effet visible.
Faire l'inverse — publier d'abord, demander ensuite — allonge le dossier de plusieurs mois sans rien améliorer entre-temps.
Le recours à la CNIL en cas de refus
Quand une demande de suppression est rejetée sans motif convaincant, la CNIL peut être saisie gratuitement. Elle instruit la plainte, interroge le moteur de recherche, et rend une position. La procédure est lente — comptez plusieurs mois — mais elle a deux vertus : elle est sans risque, et une position favorable de l'autorité fait souvent basculer un dossier qui semblait fermé.
Deux conditions pratiques pour que la saisine soit utile. Il faut avoir conservé la trace de la demande initiale et du refus, avec leurs dates : une plainte sans historique documenté n'est pas instruite. Et il faut avoir formulé la demande sur le bon fondement au départ, car la CNIL apprécie le refus au regard de ce qui a été demandé, pas de ce que vous auriez dû demander.
Ce que nous faisons
Le relevé exhaustif de tout ce qui porte votre nom, informations personnelles comprises, y compris les variantes orthographiques et les pages que vous n'avez jamais vues. La qualification de chaque résultat de recherche : retirable, dissociable, ou à déclasser. Pour chacun, l'URL exacte, le formulaire compétent et le fondement à invoquer. Puis l'exécution, dans l'ordre décrit ci-dessus.
Lorsque le problème porte spécifiquement sur des coordonnées — adresse, téléphone, courriel —, la procédure est plus rapide et différente : elle est détaillée sur notre page consacrée à la manière de supprimer ses données personnelles de Google. Et si vous préférez commencer seul, le mode d'emploi des procédures officielles figure sur notre guide pour supprimer un contenu sur Google.
Questions fréquentes
Peut-on vraiment disparaître de Google ?
Non, et personne ne devrait vous le promettre. Ce qui est atteignable, c'est une première page composée uniquement de résultats neutres ou favorables, ce qui correspond à ce que cherchent réellement la plupart des gens.
Combien de temps pour un résultat visible ?
De quelques jours pour un retrait obtenu auprès d'un annuaire, à quatre-vingt-dix jours pour un déclassement complet sur un nom rare. Les premières améliorations apparaissent en général dans le premier mois.
Faut-il changer de nom ?
C'est une démarche lourde, encadrée, et rarement proportionnée. Elle ne règle d'ailleurs pas le problème : les anciens contenus subsistent sous l'ancien nom, et la corrélation entre les deux identités finit souvent par apparaître.
Que faire si le contenu revient ?
Un contenu retiré peut être republié ailleurs, et un profil supprimé peut être recréé. C'est la raison d'être de la surveillance, qui détecte la réapparition tant qu'elle est isolée et facile à traiter.
Est-ce que ça marche aussi pour les autres moteurs ?
Chaque moteur de recherche traite les demandes séparément. Un résultat retiré chez l'un peut rester visible chez l'autre, et la démarche doit être répétée partout où votre nom apparaît. Les particuliers, qui représentent l'essentiel de ces dossiers, trouveront notre approche détaillée sur la page consacrée à l'e-réputation des particuliers.